Les rivets représentent une solution d'assemblage mécanique permanent qui a traversé les époques, des premières constructions métalliques du XIXe Siècle jusqu'aux applications industrielles modernes d'aujourd'hui.
Contrairement aux idées reçues, le rivetage n'a pas disparu : il s'est transformé et adapté aux contraintes contemporaines, notamment grâce à l'invention du rivet aveugle dans les années 1930.
Ce guide vous accompagne dans la compréhension des différents types de rivets, leurs applications, leur dimensionnement et leur pose, afin que vous puissiez sélectionner la fixation optimale pour vos projets industriels ou de maintenance.
L'essentiel à retenir :
- Un rivet est une fixation mécanique permanente composée d’une tête et d’un fût qui traverse les pièces, l’assemblage étant obtenu par déformation du corps pour former une contre‑tête.
- On distingue principalement : les rivets aveugles/pop (pose depuis une seule face), rivets pleins, rivets semi‑tubulaires, rivets tubulaires et rivets structurels pour les charges les plus élevées.
- Le dimensionnement se fait en trois temps : choix du type (selon accès/charge), choix du diamètre (efforts et épaisseur), choix de la longueur (épaisseur totale + formule ou plage de serrage du fabricant).
- Le perçage doit être légèrement supérieur au diamètre du rivet (en général +0,1 à +0,3 mm, par exemple Ø4,8 → trou Ø4,9–5,0 mm).
- Le matériau du rivet doit être aligné avec l’environnement : alu/acier pour les milieux secs, inox A2 pour l'extérieur standard et l'inox A4 (316) pour les milieux marin/chloré.

Qu'est-ce qu'un rivet et quel est son rôle ?
Un rivet est un organe de fixation mécanique conçu pour assembler de manière permanente deux ou plusieurs éléments (tôles, profilés, pièces diverses).
Contrairement à une vis ou un boulon qui créent un assemblage démontable par filetage, le rivet fonctionne par déformation plastique de son corps pour créer un blocage mécanique irréversible.
Le rôle fondamental d'un rivet est triple :
- Résistance mécanique : Il transmet les efforts entre les pièces assemblées, principalement en cisaillement (forces parallèles aux surfaces) et parfois en traction (forces perpendiculaires).
- Maintien des pièces : La tête d'origine et la contre-tête formée lors de la pose exercent une pression de serrage qui plaque les éléments l'un contre l'autre, limitant les mouvements relatifs.
- Simplicité de mise en œuvre : Comparé au soudage qui nécessite compétences spécifiques et contrôle thermique, le rivetage offre une solution d'assemblage rapide et reproductible, particulièrement avec les rivets aveugles modernes.
L'assemblage par rivetage présente également l'avantage de ne pas créer de contraintes thermiques dans les matériaux (pas de déformation par chaleur comme en soudage), et de permettre l'assemblage de matériaux différents sans risque de corrosion galvanique si les matériaux sont correctement choisis.
Comment un rivet crée-t-il l'assemblage ?
Le principe du rivetage repose sur la déformation contrôlée du corps du rivet pour créer une "contre-tête" du côté opposé à la tête d'origine.
Cette déformation peut se faire selon différentes méthodes selon le type de rivet :
Rivet plein traditionnel (à frapper)
Dans ce cas classique, le rivet est inséré dans un trou traversant préalablement percé. L'extrémité dépassant côté arrière est ensuite déformée par frappe (marteau, bouterolle) ou pression (riveteuse pneumatique/hydraulique) pour former une tête de forme bombée, plate ou fraisée selon l'outil utilisé.
Cette méthode nécessite un accès des deux côtés de l'assemblage et reste la plus résistante mécaniquement, raison pour laquelle elle est encore utilisée dans les constructions métalliques lourdes et les structures soumises à de fortes charges.
Rivet Aveugle (rivet Pop)
Le rivet aveugle représente une innovation majeure qui a démocratisé le rivetage en supprimant la contrainte d'accès à l'arrière. Son fonctionnement est ingénieux :
- Le rivet est composé d'un corps creux et d'un mandrin (tige centrale) avec une tête élargie à son extrémité.
- Une fois inséré dans le trou, le mandrin est saisi par une riveteuse (manuelle, pneumatique ou électrique).
- La traction exercée sur le mandrin tire sa tête élargie à travers le corps creux du rivet.
- Cette traction déforme (bouleverse) l'extrémité du corps pour former la contre-tête côté arrière.
- Une fois la déformation suffisante, le mandrin se rompt au niveau d'une gorge de rupture calibrée et reste en place (ou tombe selon les modèles).
Ce principe permet une pose rapide et efficace même dans des zones confinées comme les caissons fermés, les tubes, les carrosseries automobiles, etc.
Rivet semi-tubulaires et tubulaires
Ces variantes possèdent un corps partiellement ou totalement creux, ce qui facilite leur déformation avec un effort moindre. Ils sont souvent utilisés pour des assemblages moins sollicités mécaniquement ou lorsque la facilité de pose prime, comme dans l'assemblage de cuirs, textiles épais, ou certains plastiques.
Comment se fixe un rivet ?
Rivet aveugle (rivet pop)
Pour un rivet aveugle, la pose se déroule en 4 étapes :
- Percer les pièces au diamètre recommandé (trou légèrement plus grand que le rivet, par ex. Ø4,8 → trou Ø4,9–5,0).
- Insérer le rivet jusqu’à appui complet de la tête sur la surface.
- Engager le mandrin dans la riveteuse (manuelle, pneumatique, batterie) et actionner l’outil.
- Le mandrin tire la tête interne, déforme le corps du rivet pour former la contre‑tête côté invisible, puis casse au niveau d’une gorge calibrée.
Quels sont les types de rivets ?
Le choix du type de rivet dépend principalement de trois critères : l'accessibilité (1 ou 2 faces), les contraintes mécaniques (charges, vibrations), et l'environnement (corrosion, étanchéité).
Rivet aveugle (pop / borgne)
Le rivet aveugle est conçu spécifiquement pour une pose sans accès à l'arrière de l'assemblage, d'où son nom "aveugle". Les termes "rivet pop" et "rivet borgne" désignent la même famille de fixations dans l'usage courant, bien que "POP®" puisse être une marque déposée selon les fabricants.
Caractéristiques techniques:
- Corps creux avec mandrin à rupture contrôlée.
- Diamètres courants : 2,4 mm à 6,4 mm (jusqu'à 8 mm pour applications spécifiques).
- Plage de serrage variable selon modèle (ex : 3-5 mm, 6-8 mm, 10-12 mm).
- Matériaux : corps aluminium/acier/inox, tige acier/inox.
Variantes de têtes:
- Tête plate : Affleurante, pour surfaces devant rester lisses.
- Tête bombée : Standard, bonne répartition des efforts.
- Tête large : Surface d'appui augmentée pour matériaux tendres ou friables.
- Tête fraisée : S'encastre dans un lamage conique pour rester sous le niveau de la surface.
Applications typiques:
- Carrosserie automobile et véhicules industriels.
- Tôlerie et chaudronnerie légère.
- Mobilier métallique et habillages.
- Maintenance industrielle (remplacement de fixations sur équipements fermés).
- Électronique et coffrets (boîtiers sans accès interne).
Avantages:
- Carrosserie automobile et véhicules industriels.
- Tôlerie et chaudronnerie légère.
- Mobilier métallique et habillages.
- Maintenance industrielle (remplacement de fixations sur équipements fermés).
- Électronique et coffrets (boîtiers sans accès interne).
Rivet plein (massif / à frapper)
Le rivet plein est le type historique, constitué d'une tige massive (non creuse) avec une tête préformée. Sa pose nécessite un accès bilatéral et une déformation par frappe ou pression.
Caractéristiques techniques:
- Corps entièrement massif.
- Diamètres de 3 mm à 36 mm et plus pour applications industrielles lourdes.
- Longueurs variables selon épaisseur à assembler.
- Matériaux : acier doux, acier trempé, inox, aluminium, cuivre, laiton.
Types de têtes:
- Tête ronde (demi-sphérique).
- Tête plate.
- Tête fraisée (90° ou 120°)
Applications typiques:
- Construction métallique (ponts, charpentes).
- Chaudronnerie lourde.
- Construction navale.
- Ferroviaire (bogies, châssis).
Avantages:
- Résistance mécanique maximale.
- Excellente tenue en fatigue et vibrations.
- Fiabilité éprouvée sur structures critiques.
Limites:
- Pose plus lente et technique.
- Nécessite accès bilatéral.
- Outillage spécifique (bouterolle, riveteuse industrielle).
Rivet semi-tubulaire (semi-creux)
Variante à tige partiellement creuse, offrant un compromis entre facilité de pose et résistance mécanique.
Caractéristiques techniques:
- Trou borgne (creux partiel) facilitant la déformation.
- Effort de pose réduit de 30-40% vs rivet plein équivalent.
- Diamètres courants 3 mm à 12 mm.
Types de têtes:
- Assemblages mécaniques légers.
- Liaisons pivots et articulations.
- Maroquinerie industrielle et textile technique.
Rivet Tubulaire (creux)
Rivet dont le corps est creux sur toute ou grande partie de sa longueur, formant un tube.
Caractéristiques techniques:
- Paroi cylindrique creuse.
- Pose par écrasement radial de l'extrémité.
- Diamètres externes 3 mm à 20 mm.
Applications spécifiques:
- Passage de câbles ou tubes après rivetage.
- Assemblages cuir, textile, plastique.
- Applications décoratives (maroquinerie, vêtements).
Rivet Structurel (haute résistance)
Rivet aveugle conçu pour des charges élevées, combinant l'avantage de la pose unilatérale avec une résistance accrue.
Caractéristiques techniques:
- Mandrin qui reste en place (non rompu) pour contribuer à la résistance.
- Résistance au cisaillement et à la traction supérieures.
- Certaines gammes atteignent des performances proches du boulonnage.
Applications spécifiques:
- Constructions métalliques légères mais sollicitées.
- Assemblages soumis à vibrations.
- Transport (remorques, containers).
Rivets Spécialisés
Nous proposons également plusieurs variantes techniques pour répondre à des besoins spécifiques.
- Rivets étanches : Joint intégré pour assurer l'étanchéité de l'assemblage (caissons, réservoirs).
- Rivets cannelés : Corps strié pour meilleure tenue en rotation dans matériaux tendres.
- Rivets à expansion : Déformation contrôlée pour remplissage optimal du trou.
- Rivets à arracher : Variante sécable après pose (maintenance, démontage partiel).
Comment choisir le bon rivet ?
Le dimensionnement correct d'un rivet est crucial pour garantir la tenue mécanique de l'assemblage tout en facilitant la pose. Nous recommandons de suivre une démarche méthodique en 5 étapes.
Étape 1 : Analyser les contraintes d'accès
Question clé : Avez-vous accès aux deux faces de l'assemblage ?
- Accès 1 face uniquement → Rivet aveugle obligatoire.
- Accès 2 faces → Tous types possibles, choix selon charge et budget.
Étape 2 : Évaluer les charges mécaniques
Efforts principaux :
- Cisaillement (forces parallèles aux surfaces assemblées).
- Traction (forces perpendiculaires, "arrachement").
- Vibrations continues.
Règle générale :
- Charges faibles à moyennes → Rivet aveugle standard.
- Charges élevées + vibrations → Rivet structurel ou rivet plein.
- Charges critiques → Rivet plein obligatoire.
Étape 3 : Choisir le Diamètre
Le diamètre du rivet doit être adapté à l'épaisseur des pièces et aux efforts à transmettre.
Règles de dimensionnement :
- Diamètre minimum : généralement 2,5 à 3 fois l'épaisseur de la tôle la plus fine.
- Perçage : nous recommandons un trou de 10% supérieur au diamètre nominal du rivet pour faciliter l'insertion sans jeu excessif.
Exemple pratique :
Pour un rivet Ø 4,0 mm → percez à Ø 4,2 mm (tolérance +0,2 mm).
Diamètres standards courants :
- 2,4 mm : assemblages très légers
- 3,0 - 3,2 mm : tôlerie fine
- 4,0 - 4,8 mm : usage général carrosserie
- 5,0 - 6,4 mm : assemblages renforcés
- 8,0 mm et + : applications industrielles lourdes
Étape 4 : Calculer la longueur / Plage de serrage
La longueur du rivet doit permettre de traverser l'épaisseur totale tout en laissant suffisamment de matière pour former la contre-tête.
Formule de base pour rivets aveugles:
Longueur sous tête ≈ Épaisseur totale + (1,5 × Diamètre).
Exemples :
- Épaisseur pièce 1 : 1,5 mm
- Épaisseur pièce 2 : 1,5 mm
- Épaisseur totale : 3 mm
- Rivet Ø 4,8 mm
- Longueur minimale = 3 + (1,5 × 4,8) = 3 + 7,2 = 10,2 mm
- → Choisir un rivet de 10 mm ou 12 mm selon disponibilité.
Notion de plage de serrage :
Les rivets aveugles sont spécifiés avec une plage de serrage (grip range), ex : "3-5 mm" signifie que le rivet peut assembler des épaisseurs totales comprises entre 3 et 5 mm.
Points de vigilance
- Rivet trop court → Risque d'arrachement, contre-tête insuffisante.
- Rivet trop long → Déformation excessive, mandrin qui dépasse.
Étape 5 : Sélectionner le matériau adapté
Le choix du matériau corps/tige conditionne la résistance mécanique et la tenue à la corrosion.
Rivets Aluminium / Acier (mixtes)
Composition : Corps aluminium (série 1050 ou 5005), tige acier.
Avantages :
- Légers et économiques.
- Bonne résistance mécanique standard.
Environnements : Intérieurs secs, applications non corrosives.
Limites : Sensibles à la corrosion en milieu humide ou salin.
Rivets Inox A2 (304L)
Composition : Corps et tige inox austénitique A2 (équivalent 304L).
Avantages
- Excellente résistance à la corrosion atmosphérique.
- Compatibilité alimentaire selon finition.
Environnements : Extérieurs, milieux humides, industries agroalimentaires
Limites : Résistance chimique limitée en milieux agressifs (chlorures, acides).
Rivets Inox A4 (316L)
Composition : Corps et tige inox austénitique A4 avec molybdène (équivalent 316L).
Avantages
- Résistance maximale à la corrosion (milieux marins, chlorés).
- Tenue en environnements chimiques agressifs.
Environnements : Installations marines, piscines, industries chimiques.
Applications typiques : Construction navale, offshore, équipements piscine.
Rivets Acier
Composition : Corps et tige acier au carbone, souvent zingué ou bichromaté.
Avantages :
- Résistance mécanique élevée.
- Coût modéré.
Environnements : Intérieurs protégés, structures mécaniques.
Limites : Protection anticorrosion limitée dans le temps.
Tableau de Sélection Matériau selon Environnement
| Environnement | Matériau Recommandé | Durabilité Estimée |
|---|---|---|
| Intérieur sec | Alu/Acier | > 10 ans |
| Intérieur humide | Inox A2 | > 20 ans |
| Extérieur non marin | Inox A2 | > 15 ans |
| Bord de mer, chlore | Inox A4 | > 25 ans |
| Chimique agressif | Inox A4 ou spécial | Variable |
Étape 6 : Sélectionner le type de tête
La forme de la tête influence l'esthétique, la répartition des contraintes et l'encombrement final.
Tête plate standard
- Surface affleurante ou légèrement bombée.
- Usage général, bon compromis.
Tête large (tête d'homme)
- Surface d'appui augmentée de 50-80%.
- Recommandée pour matériaux tendres (plastiques, bois, composites)
Tête bombée
- Esthétique traditionnelle.
- Bonne répartition des efforts.
Tête fraisée
- S'encastre dans un lamage conique (90° ou 120°).
- Finition affleurante totale.
- Nécessite préparation du trou (fraisage).
Comparaison rivetage vs autres méthodes d'assemblage
Pour choisir entre rivetage, boulonnage, soudage ou collage, il faut comparer les contraintes de chaque méthode selon votre application.
Rivetage vs Boulonnage
| Critère | Rivetage | Boulonnage |
|---|---|---|
| Démontabilité | Non (permanent) | Oui (réversible) |
| Vitesse de pose | Rapide (surtout rivet aveugle) | Moyenne (vissage/serrage) |
| Résistance vibrations | Excellente (pas de desserrage) | Variable (nécessite freinage) |
| Accès nécessaire | 1 face (aveugle) ou 2 faces (plein) | 2 faces obligatoires |
| Coût unitaire | Faible à moyen | Moyen (vis + écrou + rondelles) |
| Maintenance | Remplacement = destruction | Démontage simple |
Quand choisir le rivetage ? Lors des phases d'assemblages permanents, environnements vibratoires, accès unilatéral, rapidité de pose.
Quand choisir le boulonnage ? Besoin de démontage, ajustement de serrage, charges très élevées nécessitant précontrainte contrôlée.
Rivetage vs Soudage
| Critère | Rivetage | Soudage |
|---|---|---|
| Qualification opérateur | Limitée | Élevée (certifications) |
| Déformation thermique | Aucune | Possible (contraintes résiduelles) |
| Matériaux différents | Possible | Limité (compatibilité métallurgique) |
| Contrôle qualité | Visuel simple | Contrôles non destructifs parfois nécessaire |
| Résistance mécanique | Bonne à excellente | Excellente (continuité métallique) |
| Étanchéité | Limitée (rivets étanches existent) | Excellente |
Quand choisir le rivetage ? Matériaux différents, épaisseurs fines, pas de compétence soudage, assemblages légers à moyens.
Quand choisir le soudage ? Étanchéité critique, charges très élevées, continuité structurelle nécessaire, tôles épaisses.
Rivetage vs Soudage
| Critère | Rivetage | Collage |
|---|---|---|
|
Résistance immédiate |
Oui | Non (temps de polymérisation) |
| Tenue haute température | Excellente | Variable (limitée selon colle) |
| Préparation surface | Minimale | Critique (dégraissage, ponçage) |
| Résistance au pelage | Excellente | Faible |
| Étanchéité | Limitée | Bonne |
Quand choisir le rivetage ? Charges concentrées, assemblages sollicités, hautes températures, mise en service immédiate
Quand choisir le collage ? Assemblages de grandes surfaces, matériaux composites, étanchéité + assemblage simultanés, esthétique (pas de point de fixation visible).
Questions Fréquentes
Quel est le rôle d'un rivet ?
Un rivet remplit trois fonctions essentielles dans un assemblage mécanique : transmettre les efforts entre les pièces (cisaillement et/ou traction), maintenir le positionnement relatif des éléments, et créer une liaison permanente sans nécessiter d'accès continu (contrairement au boulonnage qui peut se desserrer). Le rivetage offre également une excellente résistance aux vibrations puisqu'il n'y a pas de filetage susceptible de se dévisser.
Comment se fixer un rivet ?
La fixation d'un rivet aveugle (type le plus courant) se fait en quatre étapes : 1) Percer un trou de diamètre légèrement supérieur au rivet (environ +10%) dans les pièces à assembler. 2) Insérer le rivet dans le trou jusqu'à ce que sa tête soit en appui complet. 3) Engager le mandrin (tige centrale) dans une riveteuse (manuelle, pneumatique ou électrique). 4) Actionner l'outil pour tirer le mandrin, ce qui déforme l'extrémité du rivet côté arrière et forme la contre-tête, puis le mandrin se rompt au niveau de sa gorge de rupture.
Quels sont les types de rivets ?
Il existe plusieurs grandes familles de rivets selon leur mode de pose et leur structure : les rivets aveugles (ou rivets pop) qui se posent sans accès à l'arrière, les rivets pleins (massifs) qui nécessitent un accès bilatéral et offrent la meilleure résistance, les rivets semi-tubulaires avec un creux partiel facilitant la déformation, les rivets tubulaires entièrement creux, et les rivets structurels qui combinent pose aveugle et haute résistance mécanique. Nous proposons également des variantes spécialisées comme les rivets étanches, cannelés ou à expansion selon les besoins techniques.
Qu'est-ce qu'un rivet aveugle ?
Un rivet aveugle est un type de rivet spécialement conçu pour être posé lorsque vous n'avez pas accès à l'arrière de l'assemblage, d'où son nom "aveugle". Son principe repose sur un mandrin (tige centrale) qui, lorsqu'il est tiré par une riveteuse, déforme l'extrémité du corps creux du rivet pour former une contre-tête côté arrière, puis se rompt au niveau d'une gorge calibrée. Cette innovation a révolutionné le rivetage en permettant des assemblages rapides dans des zones confinées comme les caissons fermés, les tubes ou les carrosseries automobiles.
Qu'est-ce qu'un rivet borgne ?
Le terme "rivet borgne" est un synonyme de "rivet aveugle" dans l'usage professionnel courant. Ces deux appellations désignent le même type de fixation posée sans accès à l'arrière, par opposition aux rivets traditionnels qui nécessitent un accès bilatéral. L'origine du terme "borgne" vient justement de cette caractéristique : on travaille "en aveugle", sans voir l'arrière de la pièce.
Qu'est-ce qu'un rivet pop ?
Un rivet pop est également un rivet aveugle, le terme "POP" étant à l'origine une marque déposée qui est devenue, par extension, un nom générique dans le langage courant. Tout comme "Klaxon" pour avertisseur sonore ou "Frigidaire" pour réfrigérateur, "rivet pop" désigne aujourd'hui communément les rivets aveugles à mandrin. Techniquement, il n'y a donc pas de différence : rivet aveugle, rivet pop et rivet borgne décrivent la même famille de fixations.
Quels sont les rivets les plus solides ?
Les rivets pleins (massifs) offrent la résistance mécanique maximale à diamètre équivalent, car leur corps entièrement massif transmet les efforts sans point faible. C'est pourquoi ils sont encore utilisés dans les constructions métalliques lourdes, la charpente industrielle et certaines applications aéronautiques critiques. Dans la famille des rivets aveugles, les rivets structurels représentent le meilleur compromis, avec des résistances au cisaillement et à la traction nettement supérieures aux rivets pop standard, tout en conservant l'avantage de la pose unilatérale. Le choix du matériau influe également : un rivet en acier trempé ou en titane sera plus résistant qu'un rivet en aluminium à géométrie identique.
Qu'est-ce qu'un rivet tubulaire ?
Un rivet tubulaire est un rivet dont le corps forme un tube creux sur toute ou grande partie de sa longueur. Cette conception facilite la déformation lors de la pose (effort réduit de 30 à 50% par rapport à un rivet plein équivalent) et trouve des applications spécifiques : assemblages de cuirs, textiles épais, plastiques, ou lorsque le passage d'un câble ou d'un tube à travers le rivet est nécessaire après montage. Les rivets tubulaires sont moins résistants mécaniquement que les rivets pleins ou semi-tubulaires, ils sont donc réservés à des assemblages peu sollicités ou à des fonctions d'articulation légère.
Pourquoi le rivetage n'est-il plus utilisé ?
Cette affirmation est en réalité inexacte : le rivetage n'a pas disparu, il s'est transformé et spécialisé. Si les grandes structures métalliques (ponts, charpentes de bâtiments) privilégient désormais le boulonnage haute résistance pour sa rapidité de mise en œuvre et sa réversibilité, le rivetage reste très présent dans de nombreux secteurs : automobile (carrosserie, châssis), aéronautique (fuselages, structures), tôlerie industrielle, électronique, mobilier métallique. L'invention du rivet aveugle a même élargi les applications en permettant des assemblages impossibles avec d'autres techniques. Le choix entre rivetage, boulonnage ou soudage dépend simplement des contraintes techniques (accès, démontabilité, charges) et économiques de chaque application.
Combien de temps dure un assemblage riveté ?
La durée de vie d'un assemblage riveté dépend principalement du choix du matériau du rivet par rapport à l'environnement d'utilisation. En milieu sec et non corrosif, des rivets acier zingué ou alu/acier peuvent durer plusieurs décennies sans dégradation notable. Pour des applications extérieures ou humides, les rivets inox A2 offrent une durabilité de 15 à 25 ans, tandis que les rivets inox A4 en environnement marin peuvent atteindre 25 à 30 ans et plus. La qualité de la pose (pas de jeu, pas de contraintes excessives) et le dimensionnement correct (rivet adapté aux charges) sont également déterminants pour la longévité de l'assemblage.
Peut-on retirer un rivet ?
Oui, mais le rivet sera détruit dans le processus puisqu'il s'agit d'un assemblage permanent. Pour retirer un rivet aveugle, la méthode la plus courante consiste à percer la tête avec un foret de diamètre légèrement supérieur au mandrin, ce qui permet ensuite de chasser le corps du rivet. Pour un rivet plein, il faut généralement meuler ou fraiser la tête, puis chasser le corps au chasse-goupille. Dans tous les cas, le remplacement nécessite la pose d'un nouveau rivet (idéalement de diamètre supérieur si le trou s'est agrandi lors du retrait).
Quelle différence entre rivet aveugle et rivet structurel ?
Le rivet structurel est une variante évoluée du rivet aveugle conçue pour des charges mécaniques plus élevées. Contrairement au rivet aveugle standard où le mandrin se rompt et peut tomber, le rivet structurel conserve généralement son mandrin en place, ce qui contribue à la résistance globale de l'assemblage. Les rivets structurels peuvent atteindre des résistances au cisaillement et à la traction 2 à 3 fois supérieures aux rivets pop classiques à diamètre équivalent, se rapprochant ainsi des performances du boulonnage. Ils sont particulièrement adaptés aux environnements soumis à vibrations continues (transport, machines rotatives) ou aux assemblages devant supporter des charges importantes tout en conservant l'avantage de la pose unilatérale.
Faut-il lubrifier un rivet avant la pose ?
Non, la lubrification d'un rivet n'est généralement pas nécessaire ni recommandée. Contrairement à une vis qui génère des frottements importants lors du vissage, un rivet s'insère librement dans le trou (légèrement plus grand que son diamètre) et sa déformation se fait par traction du mandrin, pas par rotation. De plus, tout lubrifiant pourrait créer un film glissant réduisant la friction entre les pièces assemblées, ce qui nuirait à la tenue mécanique de l'assemblage. L'essentiel est de respecter le diamètre de perçage recommandé (+10% environ) pour faciliter l'insertion sans forçage.
Pour vos projets complexes ou questions techniques spécifiques, nos ingénieurs commerciaux sont à votre disposition pour vous accompagner dans le choix optimal de vos fixations.







